Nathalie Allaman

Psycho-kinésiologie - IMP

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IMP - Intégration des mouvements primordiaux

          Réflexes archaïques

« Pour l’enfant, se mouvoir est un besoin aussi fondamental que manger et dormir. Son développement physique et intellectuel en dépendent ».

Th. Bertherat,  C. Bernstein.

Les réflexes archaïques

 

Les réflexes archaïques ou primaires sont des mouvements automatiques (involontaires) et stéréotypés observés chez le nouveau-né en réaction à des stimuli sensoriels. Ils sont génétiquement programmés et constituent donc l’équipement de base du bébé.

Ex. : Réflexe de succion, réflexe d'agrippement, réflexe de Moro.

 

La plupart de ces réflexes apparaissent déjà chez le fœtus : durant la grossesse, ils lui permettent de développer sa motricité et son tonus musculaire. Ils jouent un rôle important lors de la naissance. Pendant les premiers mois de vie, ils permettent au bébé/enfant de s'adapter à son environnement et d'acquérir progressivement une motricité plus développée : ramper, marcher à 4 pattes, se mettre debout, faire ses premier pas, marcher, ... 

Les réflexes archaïques disparaissent progressivement. Ainsi, chez l’enfant de 12-18 mois, ils sont totalement inhibés et intégrés et ont fait place à des mouvements volontaires, intentionnels et aux réflexes posturaux.

À la naissance, le système nerveux et les différentes parties du cerveau du nouveau-né sont en place mais pas encore totalement connectés. Le processus de maturation implique l’établissement de nouvelles connexions neuronales et la myélinisation du système nerveux. Grâce aux stimulations sensorielles (principalement vestibulaires, tactiles et proprioceptives) et la répétition des mouvements réflexes, ces nouvelles connexions se développent, notamment vers les parties supérieures du cerveau :  un réseau neuronal complexe se met ainsi peu à peu en place, permettant aux différentes parties du système nerveux de communiquer entre elles.

Au fur et à mesure que de nouvelles connexions neuronales s’élaborent, les réflexes primitifs sont inhibés sous le contrôle du cortex et les mouvements réflexes sont intégrés au schéma moteur global.

La répétition des mouvements réflexes et leur intégration progressive va également contribuer à la myélinisation du réseau neural. Cette myélinisation -mise en place des gaines de myéline le long des neurones- augmente la vitesse de propagation de l’information du système nerveux.

Une fois les réflexes primitifs inhibés, ils ne disparaissent pas : ils sont juste mis en veille et peuvent se réveiller à tout moment pour nous protéger en cas de danger.

Nombre de neurones

Nombre de connexions

naissance               1 mois                 6 mois                 2 ans

Evolution du nombre de neurones et de connexions neuronales dans le cortex d'un enfant entre la naissance et l'âge de 2 ans.

Au fil de ses premiers mois de vie et de l’utilisation répétées de ses mouvements réflexes, l’enfant apprend à contrôler sa tête et renforce son tonus musculaire. Il peut alors développer sa motricité, c’est-à-dire coordonner ses gestes et trouver un équilibre postural. Ces différentes étapes participent à la mise en place d’un sentiment de sécurité intérieure chez l’enfant, sécurité favorisant la confiance en soi, la gestion des émotions et du stress, ainsi que les apprentissages. L’enfant a ainsi accès à toutes ses ressources pour prendre sa place, faire des choix et interagir socialement.

Les réflexes primaires de l’enfant ont donc un rôle capital : ils sont à la base du développement sensori-moteur et cérébral de l’enfant, qui est lui-même le socle permettant la mise en place de ses mouvements intentionnels, puis de ses apprentissages et enfin de son développement émotionnel et intellectuel.

Le rôle des réflexes archaïques

  • Protection et survie

  • Connexions cérébrales

  • Intégration sensorielle

  • Sécurité intérieure

  • Développement moteur

  • Développement cognitif

  • Equilibre émotionnel

Les réflexes archaïques sont la base du développement moteur, émotionnel et cognitif

Perturbations dans la mise en place et l’intégration des réflexes archaïques

Durant la grossesse, pendant la petite enfance, l’enfance et au cours de la vie, il peut arriver que certains réflexes ne se développent pas correctement, ne s’intègrent pas complètement ou réapparaissent. La présence de mouvements réflexes au-delà de l’âge de 12-18 mois entrave la mise en place de nouvelles connexions neuronales et retarde le développement de l’enfant. De plus, les réflexes persistants constituent un véritable parasitage : ils surchargent le système nerveux et en réduisent la disponibilité. Des mécanismes de compensation -nécessitant beaucoup d’efforts et d’énergie- sont alors mis en place et des troubles apparaissent : déficit posturaux, troubles d’apprentissage, difficultés comportementales et émotionnelles.

 

Les causes des perturbations de l’évolution des réflexes primaires sont multiples

Le stress a des effets non-négligeables sur l'intégration des réflexes primaires :

  • Stress de la mère pendant la grossesse : maladie, séparation, deuil …

  • Stress chimiques : exposition de la mère à des drogues, alcool, toxines, métaux lourds.

  • Malnutrition de la mère pendant la grossesse.

  • Stress à la naissance (siège, césarienne, …).

  • Abandon, séparation.

  • Stress pendant les premiers mois de vie, stress chronique, traumatismes, maladies chroniques, …

 

Le manque de mouvements propres à la petite enfance  :                          

  • maxi-cosy, parc, siège auto, youpala, …

  • manque de stimulations sensorielles

 

La plasticité neuronale et le travail d’intégration des réflexes archaïques

Ces dernières décennies, les recherches  en neurosciences ont mis en évidence la plasticité neuronale, c’est-à-dire la capacité du cerveau et du système nerveux de se réorganiser. Des professionnels de l’éducation et de la santé ont mis au point des techniques innovantes dans le but d’intégrer les réflexes archaïques aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte : elles sont constituées de stimulations sensorielles (tactiles, proprioceptives, vestibulaires, visuelles et auditives), de mouvements spécifiques, de jeux de balles et des sacs de grains.

 

Nathalie Allaman